Conservation Caribou Gaspésie

Le Caribou de la Gaspésie

Coupe forestière

Menaces

C'est vers le début du 20e siècle que plusieurs écrits rapportent que le caribou commence à être rare, si bien que l'on peut soupçonner une modification de sa distribution.
Ces changements peuvent se relier aux perturbations que la colonisation a apportées. La population de la Gaspésie devient la seule population de caribou qui subsiste au sud du fleuve Saint-Laurent. Le dernier caribou fut observé dans le Maine en 1913, en Nouvelle-Écosse en 1924 et au Nouveau-Brunswick en 1927.
En 1953, un premier inventaire par Moisan (1958) estime la population entre 700 et 1500 têtes, le nombre inférieur étant probablement plus près de la vérité. Ce nombre a diminué depuis. En 1978, Rivard estime le nombre d'individus à 250, chiffrant ainsi une diminution de 79 % de la population en 22 ans.
De 1988 à 1991, on dénombre de 150 à 250 caribous. La plus forte baisse est enregistrée en 1999, avec 96 individus. Ce chiffre est remonté quelque peu depuis, l'inventaire aérien de 2007 donne 233 caribous, mais il démontre tout de même la situation précaire du caribou de la Gaspésie.


En 1990, la mortalité des faons entre la mise bas et l'automne avait dépassé 90 % coïncidant avec l'arrivée du coyote. En mai 1989, quatorze jeunes caribous sont marqués d'un petit collier émetteur. Tous sauf trois disparaissent, victimes de la prédation. Les observations démontrent que les prédateurs comme l'ours noir et le coyote sont responsables de la majeure partie des disparitions de jeunes caribous (Beaulieu, 1990).

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L'habitat

Les activités humaines, particulièrement l'agriculture et l'industrie forestière, ont favorisé l'augmentation des prédateurs au détriment des caribous. La juxtaposition de forêt mature et de forêt rajeunit crée un habitat très favorable aux orignaux (Alces alces), de même qu'il peut augmenter l'abondance du coyote (Canis latrans), réduisant la survie et la densité du caribou. Cet habitat perturbé peut aussi favoriser l'ours noir (Ursus americanus). Ce dernier utilise préférentiellement les secteurs ayant subi une perturbation récente tels que les coupes forestières inférieures à 15 ans ou les secteurs affectés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette. La coupe du couvert forestier, effectuée de manière traditionnelle, multiplie les forêts en régénération, qui produisent des jeunes peuplements riches en petits fruits, utiles à la fois aux coyotes et aux ours noirs.

Autrefois pratiquement absents des paysages fréquentés par l'espèce, les voies de transport, les sites d'exploitation des ressources naturelles et les lignes de transport d'énergie sont désormais omniprésents dans l'aire de répartition du caribou. Tout en entravant le déplacement des hardes, ces corridors linéaires facilitent le déplacement des prédateurs.

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L'alimentation

Les modifications de son habitat, notamment les coupes forestières effectuées de façon traditionnelle en périphérie du parc, peuvent devenir un facteur limitatif au niveau de la quantité de nourriture et de la disponibilité d'abri. En prélevant d'importants volumes de bois, on soustrait, par le fait même, une biomasse considérable de lichen arboricole essentiel dans l'alimentation hivernale des caribous.

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Le dérangement

Le dérangement causé par la présence humaine peut avoir des impacts significatifs sur la dynamique des hardes. La présence de randonneurs dans son habitat perturbe les activités du caribou. Ainsi, il passe plus de temps à surveiller, marcher et se déplacer qu'à s'alimenter alors qu'il doit accumuler assez de réserves pour avoir l'énergie nécessaire à sa survie lors de la saison hivernale suivante. Ce dérangement provoque aussi sa fuite vers les forêts subalpines où il a plus de chances de rencontrer des prédateurs.

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